Les temps ont changé, les siècles sont passés
Mais les choses sont restées les mêmes
Les moeurs ont évolué, la mode s'est démodée
Mais les malédictions se répètent
Quand le chant du cygne transperce les distances, lointaines
Qu'un voile sombre étend ses ailes immenses, sur notre ciel
Les langues se délient, les gestes de protection reviennent
Témoins d'une autre vie, enfants des pluies diluviennes
Ils sont vêtus de noir et ne sont que lamentations
Briseurs de miroirs, associés du démon
Chagrins pleins la mémoire, fils de désillusion
Ceux qui marquent leur histoire du fer de l'oppression
Vous les méprisez, les haïssez, les craignez
Ces enfants du soir ont du noir dans les idées
Habitants des cimétières, oiseaux de mauvaise augure
Ils ne sortent pour vivre que la nuit, elle cache leurs meurtrissures
Ils sont des miens, ce sont mes frères
Je me nourris de leurs blessures
Errants sous la lune, solitaires
Affichant leurs maux sans armures
Moi je vous comprends, enfants de Raven
Moi qui ne vous rejette pas
Marginaux, incompris du système et seuls
Fantômes des linceuls, je ne vous hais pas
Nés sous le signe de l'oiseau noir
On les croit poussière quand ils fendent l'air
Leur coeur est sec d'avoir bu trop de larmes
Mais quelle différence entre nos chairs?
NB: Raven est la divinité celte de la guerre, de la clairvoyance, représentée par un corbeau. C'est l'image de la déesse de l'ombre, celle qui tire les ficelles du destin, un peu comme les moires grecques